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La Grande-Bretagne affiche un objectif ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre‏ (20/11/2008)

La Grande-Bretagne s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 80 % d'ici à 2050, comparé à 1990. La loi sur le changement climatique, qui affiche cet objectif, a été adoptée à Westminster, mardi 18 novembre au soir. Elle fait du Royaume-Uni le premier pays du monde à se doter d'un objectif contraignant dans ce domaine.

Alors que l'Union européenne peine à se mettre d'accord sur le "paquet énergie-climat", qui prévoit notamment une baisse de 20 % des émissions de CO2 d'ici à 2020, la Grande-Bretagne se montre volontariste, ne dédaignant pas, au passage, faire la leçon à l'Europe, voire au monde.

Le ministre britannique à l'énergie et au réchauffement climatique, Ed Miliband, a ainsi jugé que cette loi faisait de son pays "un leader mondial pour la politique climatique". "C'est la première législation du genre au monde, a-t-il précisé, elle envoie un message clair avant les discussions sur le climat à l'échelon européen et mondial pour dire qu'il est possible de prendre des mesures sérieuses." Le paquet énergie-climat que la présidence française de l'Union espère toujours voir adopter d'ici la fin de l'année subit actuellement les attaques fortes de plusieurs Etats membres, l'Italie, et la Pologne en particulier.

Initialement, Londres avait prévu une réduction de ses émissions de 60 %, mais cet automne, Gordon Brown a décidé de revoir à la hausse ses objectifs. Le Comité pour le réchauffement climatique a approuvé cette avancée, et jugé qu'une réduction de 80 % des émissions de CO2 était un objectif "difficile mais atteignable".

Le Parlement a par ailleurs obtenu des modifications durcissant le projet initial. Ainsi, les secteurs du transport aérien et maritime, qui en étaient exclus à l'origine, sont-ils concernés par la nouvelle législation. La contrainte sera d'autant plus forte que le gouvernement s'est engagé à limiter les achats de crédits d'émission de CO2 à l'étranger qui permettent de se rapprocher de l'objectif sans fournir d'effort particulier.

MOYENS NON DÉFINIS

Pour autant, nombre d'observateurs se demandent comment M. Brown compte s'y prendre pour concrétiser ses desiderata. Car si les objectifs sont fixés, les moyens ne sont pas définis. Ces dernières années, les émissions de CO2 de la Grande-Bretagne ont continué à croître. Et le gouvernement a lancé des projets qui ne devraient pas contribuer à leur baisse. Ainsi prévoit-il une augmentation des capacités aéroportuaires du pays d'ici à 2030, et notamment la construction d'une troisième piste à Heathrow. La construction d'une centrale au charbon dans le Kent est également envisagée, au désespoir des associations écologiques. Quant aux secteurs industriels, ils ne sont pas obligés de déclarer chaque année le niveau de leurs émissions.

Le Royaume-Uni, dont 4 % seulement de l'électricité provient des énergies renouvelables, dispose là d'une réelle marge de manoeuvre, compte tenu de sa situation géographique qui lui fournit vent et mer à volonté.

Virginie Malingre
Correspondante à Londre pour le journal Le Monde

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