Rencontre avec Ajay Sharma
Ajay Sharma a pris ses fonctions de « ministre » de l’Ambassade de Grande-Bretagne à Paris en décembre 2008. Outre-Manche a rencontré celui qu’on appelle communément le « numéro 2 de l’ambassade » : il suit les affaires politiques comme la gestion de l’ambassade dans sa globalité. Il est « chargé d’affaires » chaque fois que l’ambassadeur est en dehors du territoire, il signe alors les « télégrammes politiques » et tous les documents officiels ; enfin, il assure à ce titre les relations avec les autorités locales en l’absence de l’ambassadeur.
Ajay, comment définiriez-vous votre rôle au côté de Sir Peter Westmacott?
J'occupe un poste particulier que les diplomates désignent sous le nom de « ministre ». A ce titre, ma mission est double :
D’une part, mon rôle est de veiller au bon fonctionnement des services de l'ambassade. Je suis chargé des questions de gestion interne : sécurité, politiques de changement, diversité, informatique, etc. En d'autres termes, je m'occupe de l'administration générale de l'ambassade afin que notre représentation à Paris soit une ambassade moderne et efficace, et que les personnes qui y travaillent s'y sentent bien.
D’autre part, je suis également les affaires politiques. Mon rôle est de comprendre le contexte politique dans lequel le gouvernement français se définit et également de m’assurer que les choix politiques de mon gouvernement sont bien compris par le public français : qu'il n'y a pas de décalage entre nos actes politiques et notre communication. A ce titre, je garde également un oeil sur les orientations du service Politique intérieure et Affaires publiques (choix des messages à promouvoir sur des sujets aussi variés que la présence militaire en Afghanistan par exemple, ou les orientations économiques que notre pays souhaite mettre en application).
D'une manière générale, on pourrait dire que je suis en charge de la « diplomatie publique » dans son sens global, car tous les sujets étant liés, il faut veiller à la cohérence du message politique.
Ajay, vous êtes donc arrivé à Paris mi-décembre 2008, pouvez-vous nous parler de votre parcours avant cela ?
Avant d’être nommé à Paris, j'étais en poste à Téhéran, en Iran, où je m'occupais principalement des questions de politique intérieure, de l'administration de l'ambassade et des problématiques bilatérales. En fait, j'ai toujours été affecté à l'étranger hormis une période à Londres où j’étais chargé des politiques de sécurité.
J'ai notamment été en poste en Turquie à deux reprises, ce qui m’a conféré une bonne maîtrise de la langue. Sur le plan anecdotique, j’y ai également rencontré la personne qui allait devenir mon épouse. C'est au cours de mon second séjour dans ce pays, après un passage à Moscou où j'étais responsable des affaires économiques et de politique énergétique, que j'ai rencontré Peter Westmacott, qui était à l’époque Ambassadeur de Grande-Bretagne à Ankara.
Cette période fut particulièrement intense, du fait principalement de l’intérêt que portait la Turquie à un rapprochement éventuel avec l'Union européenne.
La situation s'est ensuite dégradée en novembre 2003 lorsqu'un terrible attentat a frappé le consulat d'Istanbul et fait plusieurs victimes.
Qu'est ce qui vous a poussé à rejoindre Paris ?
J'ai étudié la littérature française, j'ai même préparé une thèse sur Proust. J’ai vécu deux ans en France : une année d'études à Paris, à l’issue de laquelle j’ai été en mesure de rester encore un an.
J'ai adoré Paris ainsi que la Normandie et Grenoble. Aujourd'hui revenir en France, c'est pour moi comme découvrir à nouveau une culture qui m'a passionné. C'est une façon de retrouver un ami que l'on n'a pas vu depuis 15 ans.
Ajay Sharma
Ministre de l'Ambassade de Grande-Bretagne en France.