Commémoration du 64ème anniversaire du débarquement: Interview avec "Ouest France"
Quelques jours après la visite du Chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy, sur la plage d'Ouistreham lors des célébrations de la victoire des Alliés du 8 mai 1945, l'ambassadeur, Sir Peter Westmacott, c'est lui aussi rendu sur la plage qui portait le nom de code "Sword Beach", pour assister à la cérémonie de commémoration du débarquement du 6 juin 1944. A cette occasion, il a répondu aux questions du journal "Ouest-France".
64 ans après le débarquement, que signifie le 6 juin 1944 pour le Royaume-Uni ?
D-Day – comme on l’appelle en Grande-Bretagne a une signification très importante pour tous ceux qui ont participé à la deuxième guerre mondiale, leur famille et leurs amis. Le jour du débarquement marque le commencement de la fin, le moment où plus de 2 ans de planification militaire minutieuse – et une remarquable campagne de désinformation – ont abouti à une série de débarquements en Normandie, par péniches, planeurs et parachutes. 150 000 soldats ont débarqué le 6 juin, dont plus de la moitié étaient de nationalité britannique. En tout, plus de 2 millions de soldats de Grande-Bretagne et des pays du Commonwealth, des États-Unis et bien entendu de France, ont participé à cette invasion qui a abouti, 11 mois plus tard, à la libération de la France et de l’Europe.
Aujourd’hui, le nombre considérable de visiteurs à Arromanches, la Pointe du Hoc, Sainte Mère Eglise et au site du Pont Pégase témoigne du courage de ces hommes et de l’intérêt permanent – voire croissant – des citoyens de tous nos pays pour leur exploit.
Chaque année, les anciens combattants britanniques sont de moins en moins nombreux à participer aux commémorations en Normandie. Pensez-vous que la mémoire du débarquement perdurera dans les années à venir ?
Bien entendu, les anciens combattants sont de plus en plus frêles et leur nombre diminue. Cependant, il me semble que l’intérêt du public pour cet événement de l’histoire va croissant. Même les jeunes enfants sont fascinés par les vestiges de la Bataille de Normandie qui ont été laissés, pratiquement intacts, sur les plages du débarquement, en souvenir de ceux qui y sont morts. Je note également avec satisfaction que depuis que la civilisation et l’histoire récente occupent une plus grande place dans les programmes scolaires, de plus en plus de jeunes font des voyages scolaires pour visiter l’emplacement des champs de bataille du Nord de la France et les plages de Normandie.
Certains Normands souhaitent préserver les « pontons » à Arromanche. Pensez-vous que ce soit une bonne idée ? Les Britanniques envisagent-ils de participer aux frais de reconstruction ?
Les ports Mulberry à Arromanches représentent un extraordinaire exploit technique et sont un autre exemple des préparatifs méticuleux qui ont précédé le débarquement. Leur présence visible dans les eaux peu profondes nous rappellent aujourd’hui la nature ambitieuse du projet et son succès. Bien entendu, les ports n’avaient pas été construits pour être permanents. Les reconstruire coûterait très cher et je doute que nos gouvernements aient les ressources nécessaires aujourd’hui. Cependant, si l’intérêt du public était suffisant et avec l’aide de contributions bénévoles, qui sait ?