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Les relations franco-britanniques sous le Second Empire

Napoléon III et la reine Victoria

A l’occasion du 200e anniversaire de la naissance de Napoléon III, le château de Compiègne organise une exposition consacrée aux relations franco-britanniques sous le Second Empire, autour de la visite de la reine Victoria à Paris au moment de l’Exposition universelle de 1855.

La fascination réciproque qui existe entre la France et l’Angleterre n’est pas nouvelle. Le Second Empire marque une évolution décisive dans l’histoire de ces relations. Sous le règne de l’empereur Napoléon III, profondément anglophile, l’Angleterre devient le partenaire diplomatique privilégié de la France après en avoir été l’ennemi sous Napoléon Ier.

En août 1855, le séjour de la reine Victoria,première visite officielle d’un souverain anglais à Paris depuis quatre siècles, répond à une visite de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie à Londres en avril de la même année.

La reine est reçue avec faste, logée au palais de Saint-Cloud, de nombreuses fêtes etspectacles sont donnés en son honneur à l’Hôtel de Ville de Paris, à Versailles, à l’Opéra, etc.

Cette visite est organisée à l’occasion de l’Exposition universelle de 1855. Les présentations des deux pays dominent largement l’Exposition et cristallisent deux stratégies économiques rivales : au bon marché anglais répond le choix français du luxe et de la création. Les peintres français comme Ingres, Delacroix, Decamps sont présents et le public parisien découvre la peinture anglaise de sir Edwin Landseer, William Mulready et Paton.

L’exposition aujourd’hui au musée du château de Compiègne explore toutes ces formes d’art à travers plus de 280 oeuvres (peintures, sculptures, aquarelles,photographies, mobilier, céramique, orfèvrerie etc…) issues des riches collections du château, mais aussi de nombreuses institutions françaises et britanniques, notamment grâce à des prêts exceptionnels des collections royales anglaises, du Victoria and Albert Museum, de la Tate Gallery ou encore des galeries nationales d’Ecosse.

Certaines de ces oeuvres, achetées par la reine Victoria ou offertes par Napoléon III comme cadeaux diplomatiques, n’ont jamais été montrées en France depuis 1855. De même, des objets d’art des collections du Victoria and Albert Museum de Londres, acquis en 1855 à Paris pour servir de modèles aux fabricants anglais, sont pour la première fois depuis 150 ans exposés en France.

Sollicité pour sa connaissance des relations entre nos deux pays à travers l’histoire, l’ambassadeur, Sir Peter Westmacott, s’est prêté à un entretien pour la radio BBC au sujet de l’exposition.

La journaliste, Emma Jane Kirby, a souhaité savoirsi la relation entre Napoléon III et la Reine Victoria était à l’origine de la célèbre Entente cordiale signée en 1904 entre la France et l’Angleterre.

L’ambassadeur a pu expliqué qu’avant même l’arrivée de Napoléon III au pouvoir en 1848, les relations entre les deux pays s’étaient rapprochées grâce à Louis-Philippe et Victoria. La Reine faisait d’ailleurs part de son enthousiasme dans une lettre adressée au souverain français en 1844 : « … je n’ai pas besoin de Vous dire encore, combien nous vous sommes attachés et combien nous désirons voir se raffermir de plus en plus cette Entente cordiale entre nos deux pays qui existe si heureusement entre nous personnellement… » Après son abdication en 1848, Louis-Philippe et sa famille se réfugieront en Angleterre, où il mourra deux ans plus tard.

Les bonnes relations perdurent – motivées par la situation politique – sous le règne de Napoléon III. La Reine est séduite par la belle impératrice Eugénie, ce qui n’est pas sans nous rappeler une histoire plus récente !

L’accueil que lui réserve les français lors de sa visite à Paris en 1855 démontre que les sentiments étaient réciproquement respectueux. Mais c’est lefils de la Reine, Albert Edward VII, qui lorsqu’il lui succède en 1901,scelle officiellement cette amitié avec l’Entente cordiale - un accord qui signe la fin des conflits entre les deux nations.

Pour Emma Jane Kirby, l’Exposition universelle de 1855 fut une opportunité unique aux britanniques de montrer leur talent artistique : les arts et la culture semblait être une force unitaire entre les deux pays. Elle a souhaité savoir s’il en était toujours de même aujourd’hui ?

Les arts et la culture jouent toujours un rôle majeur dans nos relations.Je citerai un exemple très récent : c’est un architecte anglais, Norman Foster, qui a conçu le tout nouveau Zénith de St Etienne et c’est aux côté du mythique Johnny Hallyday, qu’il en a fait l’inauguration le 6 octobre !





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