La Résidence de l'ambassadeur
Historique de la Résidence
L’Hôtel de Charost, au 39 rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris, est la résidence des ambassadeurs de Grande-Bretagne depuis 1814, date à laquelle il fut acheté au nom du gouvernement britannique par le duc de Wellington. Celui-ci fut le premier ambassadeur à y résider dès la restauration de la monarchie par Louis XVIII.
Le duc de Charost l’avait fait construire en 1722 par l’architecte Antoine Mazin, qui venait de finir l’Hôtel de Matignon, rue de Varenne. Il sera tour à tour le domicile de cette grande famille aristocratique, le coeur de la rumeur anti-révolutionnaire, l’ambassade du Portugal, le siège de bureaux, un palais impérial et la résidence temporaire de l’ambassadeur d’Autriche, avant de devenir celle de l’ambassadeur de Grande-Bretagne.
Si c’est bien l’une des plus importantes demeures de Paris, c’est pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’elle a survécu : de toutes les maisons bâties dans le Faubourg Saint-Honoré au cours de la première moitié du XVIIIe siècle, seuls l’Hôtel de Charost et l’Hôtel d’Evreux (aujourd’hui Palais de l’Elysée) n’ont pas subi de remaniement majeur.
C’est aussi à cause des personnalités qui l’ont habitée – le duc de Charost, gouverneur de Louis XV, le comte de La Marck, ami de Mirabeau et de Marie-Antoinette, Pauline Bonaparte-Borghèse, soeur cadette de Napoléon, François Ier d’Autriche, père de Marie-Louise, le duc de Wellington – sans compter les nombreux artistes, écrivains, souverains et hommes d’Etat qui en ont fréquenté les salons dorés. Les appartements officiels ont été le cadre de brillantes réceptions comme de discussions politiques décisives. Quand les relations franco-britanniques déterminaient en grande partie le cours de l’Histoire, c’était un lieu de rencontre de choix pour les représentants de la France et de l’Angleterre.
Cette résidence a aussi la particularité d’être à la fois très française et très anglaise, et de combiner de façon singulière des éléments de décor des deux pays et d’époques très diverses. Restée inhabitée pendant presque toute la Révolution, elle a été vendue en 1803 par la veuve du cinquième duc à Pauline Leclerc, veuve elle aussi, soeur préférée de Napoléon Bonaparte. Agée de 22 ans, la belle Pauline ne tarde pas à se remarier. Pendant les onze années durant lesquelles elle en est propriétaire, elle fait faire de grands travaux. Presque tout le mobilier réuni aujourd’hui date de cette période, de même que les remarquables chandeliers, garnitures de cheminée et candélabres. Quant aux pendules, toutes en parfait état de marche, elles ont aussi été achetées avec la maison en 1814.
Pauline avait ajouté deux ailes côté jardin, l’aile ouest servant de galerie d’exposition pour les collections du prince Borghèse, son second mari, et une aile à l’est pour servir de salle à manger d’apparat. Ces deux ailes furent remariées en 1825 par Visconti qui créa la galerie vitrée qui les relie. En 1855, la salle de bal devient salle du trône pour la reine Victoria, venue visiter l'Exposition universelle.
Pendant l’Occupation, quelques fidèles décidèrent de garder les lieux et empêchèrent effectivement toute intrusion. La résidence est placée sous la protection des Etats-Unis, puis de la Suisse, et les trésors qu'elle contient sont évacués vers la vallée de la Loire.
Depuis, l’activité de la maison a augmenté considérablement. L’ambassadeur actuel, Sir Peter Westmacott, trente-sixième représentant du Royaume-Uni à y résider, y organise de très nombreuses manifestations – dîners, réceptions, conférences, débats politiques ou économiques, séminaires scientifiques, ainsi qu'un certain nombre d'expositions et d'activités culturelles.
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Visite de la Résidence
Le Salon Rouge
Le Salon Bleu
Le Salon Pauline
La Salle du Trône